Les opticiens de la vieille génération demandaient souvent si les gens portaient des verres en verre ou en cristal, et se moquaient des verres en résine que nous portons généralement aujourd'hui. En effet, à l'époque où ils ont découvert les verres en résine, la technologie de revêtement était rudimentaire et ces verres présentaient des inconvénients, comme leur faible résistance à l'usure et leur sensibilité aux taches. De plus, de nombreux fabricants et détaillants avaient des stocks importants de verres en verre à écouler, ce qui a contribué à exagérer les défauts des verres en résine pendant un certain temps.
Les verres en verre présentent l'avantage d'une grande résistance à l'usure et d'un indice de réfraction élevé. Cependant, leur poids et leur fragilité ont conduit à leur remplacement par les verres en résine. Grâce aux progrès scientifiques et technologiques, les techniques de revêtement développées par l'industrie de la fabrication de verres de lunettes ont permis de résoudre de nombreux problèmes rencontrés lors de l'invention des verres en résine. Cet article vous propose une brève introduction aux revêtements utilisés pour les verres de lunettes, afin de mieux comprendre les traitements appliqués à vos verres et leur évolution.
On utilise généralement trois types de traitements sur les lentilles : un traitement anti-usure, un traitement antireflet et un traitement anti-salissures. Chaque couche de traitement repose sur un principe différent. On sait que le fond des lentilles en résine et en verre est généralement incolore, et que les légères colorations visibles sur nos lentilles sont dues à ces traitements.
Film résistant à l'usure
Comparativement aux verres en verre (dont le principal composant est le dioxyde de silicium, un matériau inorganique), la surface des verres de lunettes en matériaux organiques s'use facilement. Deux types de rayures sont observables au microscope. Les premières sont causées par de petits grains de sable ou de gravier. Bien que superficielles et peu gênantes pour le porteur, leur accumulation peut entraîner une diffusion importante de la lumière incidente et altérer considérablement la vision. Les secondes sont plus profondes et présentent une périphérie rugueuse. Si la rayure se situe au centre du verre, elle affecte la vision. C'est pourquoi les films anti-usure ont été mis au point.
Le film résistant à l'usure a connu plusieurs générations de développement. Apparu dans les années 1970, il reposait sur la conviction que la résistance à l'usure du verre était due à sa dureté élevée. Afin de conférer aux lentilles en résine une résistance similaire, on a utilisé la méthode de revêtement sous vide : une couche de quartz était déposée sur la surface de la lentille organique. Cependant, en raison des coefficients de dilatation thermique différents entre les deux matériaux, le revêtement était fragile et se décollait facilement, offrant une résistance à l'usure insuffisante. Une nouvelle génération de technologies apparaît généralement tous les dix ans. Le revêtement résistant à l'usure actuel est une couche mixte composée d'une matrice organique et de particules inorganiques. La première améliore la ténacité du film, tandis que les secondes augmentent sa dureté. La combinaison optimale des deux permet d'obtenir une bonne résistance à l'usure.
Revêtement antireflet
Les verres de nos lunettes sont comme des miroirs plans : la lumière qui les frappe se réfléchit. Dans certains cas, ces reflets peuvent gêner non seulement celui qui porte les lunettes, mais aussi la personne qui le regarde. Ce phénomène peut, dans des situations critiques, entraîner des accidents graves. C’est pourquoi, afin de prévenir ces risques, des traitements antireflets ont été mis au point.
Les traitements antireflets reposent sur la fluctuation et l'interférence de la lumière. En clair, un film antireflet est appliqué sur la surface du verre de lunettes, de sorte que la lumière réfléchie sur ses faces avant et arrière interfère, s'annulant ainsi et produisant un effet antireflet.
Film anti-salissure
Après l'application d'un traitement antireflet sur la surface de la lentille, les traces de doigts sont particulièrement fréquentes. Cela réduit considérablement l'efficacité antireflet et la qualité visuelle de la lentille. En effet, la couche antireflet possède une structure microporeuse, ce qui facilite le dépôt de fines particules de poussière et de gras sur la surface de la lentille. Pour remédier à ce problème, un film protecteur est appliqué par-dessus le traitement antireflet. Afin de ne pas altérer l'efficacité de ce dernier, ce film protecteur doit être extrêmement fin.
Une bonne lentille doit être constituée d'un film composite formé de ces trois couches. Afin d'améliorer ses propriétés antireflets, plusieurs couches de films antireflets doivent être superposées. Généralement, l'épaisseur de la couche résistante à l'usure est de 3 à 5 µm, celle du film antireflet multicouche d'environ 0,3 à 0,5 µm, et celle du film anti-salissures le plus fin de 0,005 à 0,01 µm. De l'intérieur vers l'extérieur, les films sont successivement composés du revêtement résistant à l'usure, du revêtement antireflet multicouche et du film anti-salissures.
Date de publication : 8 juin 2022